Ordre de retrait à la retraite : quels comptes décaisser en premier

Graphique des sources de retrait à la retraite montrant la séquence de décaissement des comptes dans le temps

L’ordre dans lequel vous retirez de vos comptes de retraite peut vous faire économiser — ou vous coûter — des dizaines de milliers de dollars d’impôts à vie. Pourtant, la plupart des retraités optent par défaut pour la solution la plus simple : puiser dans le compte qui contient le plus d’argent, ou dans celui que leur conseiller a ouvert en premier. Aucune de ces approches n’est optimale.

La bonne séquence de retrait dépend de vos tranches d’imposition, des seuils de prestations gouvernementales, des types de comptes et du nombre d’années durant lesquelles l’argent doit durer. Un retraité disposant de 800 000 $ répartis entre un REER, un CELI et des comptes non enregistrés (ou un 401(k), un Roth IRA et des comptes imposables aux États-Unis) peut voir une différence de 50 000 $ à 150 000 $ de revenu après impôt à vie simplement en changeant l’ordre de retrait.


Les quatre stratégies courantes

1. Minimiser l’impôt (comptes enregistrés d’abord)

Puisez d’abord dans les comptes à imposition différée (REER/FERR ou Traditional IRA/401(k)), en remplissant chaque année les tranches d’imposition inférieures. Laissez les comptes libres d’impôt (CELI ou Roth IRA) intacts le plus longtemps possible.

Pourquoi ça fonctionne : en vidant les comptes enregistrés pendant que votre revenu est faible (avant le début du RPC/SV ou de la Social Security), vous payez l’impôt aux taux les plus bas possibles. Le CELI ou le Roth continue de fructifier à l’abri de l’impôt et grossit davantage pour les années ultérieures, lorsque vous en aurez le plus besoin.

Idéal pour : les retraités ayant d’importants soldes enregistrés et une fenêtre de faible revenu avant le début des prestations gouvernementales. C’est le fondement de la stratégie de décaissement du REER au Canada et de l’échelle de conversion Roth aux États-Unis.

2. Maximiser la succession (comptes libres d’impôt d’abord)

Puisez d’abord dans le CELI ou le Roth IRA, puis dans les comptes non enregistrés, et enfin dans les comptes enregistrés en dernier.

Pourquoi ça fonctionne : les comptes enregistrés bénéficient d’un roulement au conjoint au décès — aucun impôt immédiat. En les préservant, vous maximisez le solde à imposition différée du conjoint survivant. Les comptes libres d’impôt sont décaissés parce qu’ils ne peuvent pas bénéficier d’un roulement au conjoint de la même manière.

Idéal pour : les couples dont la priorité est la préservation de la succession, surtout en présence d’un écart d’âge important ou d’une différence de santé. Le conjoint survivant hérite d’un solde enregistré plus élevé pour financer une retraite plus longue.

3. Égaliser le revenu (propre aux couples)

Équilibrez chaque année les retraits entre les deux conjoints afin de maintenir des taux marginaux à peu près égaux. Si un partenaire détient 600 000 $ dans un REER et l’autre 50 000 $, égaliser signifie puiser davantage dans le compte le plus important pour éviter qu’un conjoint atteigne une tranche élevée pendant que l’autre reste dans une tranche basse.

Pourquoi ça fonctionne : le régime fiscal progressif du Canada fait que deux personnes gagnant 40 000 $ chacune paient nettement moins d’impôt combiné qu’une personne gagnant 80 000 $ et une autre 0 $. L’égalisation du revenu est l’équivalent, côté décaissement, du fractionnement du revenu de pension.

Idéal pour : les couples aux soldes de comptes ou aux sources de revenu inégaux.

4. Ordre manuel

Définissez votre propre séquence selon votre situation particulière. Peut-être voulez-vous vider d’abord un compte non enregistré pour cristalliser des pertes en capital, ou décaisser un CRI avant de le convertir en FRV.

Idéal pour : les personnes ayant des structures de comptes complexes, des objectifs précis de planification successorale, ou un conseiller financier qui oriente la stratégie.


Pourquoi l’ordre de retrait compte autant

Remplissage des tranches d’imposition

Chaque dollar retiré d’un compte enregistré est imposé comme un revenu ordinaire. Les premiers ~15 000 $ sont abrités par le montant personnel de base (Canada) ou la déduction forfaitaire (États-Unis). La tranche suivante remplit la tranche d’imposition la plus basse. L’objectif est de remplir chaque tranche délibérément — sans déborder dans une tranche supérieure parce que vous avez retiré trop d’un même compte en une seule année.

Préservation des prestations gouvernementales

Au Canada, les retraits du REER/FERR comptent comme revenu aux fins de la récupération de la SV (qui débute à ~91 000 $ en 2025) et du test d’admissibilité au SRG. Les retraits du CELI, non. Un retraité qui retire 30 000 $ d’un FERR et 20 000 $ d’un CELI a 30 000 $ de revenu imposable. Le même retraité qui retire 50 000 $ d’un FERR a 50 000 $ de revenu imposable — ce qui peut déclencher des récupérations ou entraîner la perte de prestations.

Aux États-Unis, les retraits d’un Traditional IRA font grimper le « combined income », qui détermine quelle part de votre Social Security est imposable (jusqu’à 85 %) et si vous déclenchez les surcharges IRMAA de Medicare.

Protection contre la séquence des rendements

Puiser dans le bon compte durant un repli des marchés est important. Si votre portefeuille chute de 30 %, vendre des actions dans un compte imposable cristallise les pertes. Puiser plutôt dans un CELI ou un Roth laisse au portefeuille imposable le temps de se rétablir. Certains retraités utilisent une marge de crédit hypothécaire (HELOC) ou une ligne de crédit garantie comme pont durant les replis.


L’arbre de décision de l’ordre de retrait

Un cadre simplifié pour chaque année de retraite :

  1. Effectuez d’abord les retraits obligatoires — les minimums du FERR (Canada, 72 ans et plus) ou les RMD (États-Unis, 73 ans et plus). Ils sont forcés et inévitables.
  2. Remplissez les tranches d’imposition basses avec des retraits de comptes enregistrés — si vos autres revenus (RPC/SV, Social Security, pension) laissent de la place dans une tranche basse, complétez-la avec des retraits du REER/IRA.
  3. Utilisez les comptes non enregistrés pour la couche suivante — les gains en capital sont imposés à des taux préférentiels (taux d’inclusion de 50 % au Canada, LTCG de 0 %/15 %/20 % aux États-Unis), ce qui les rend plus avantageux sur le plan fiscal que les retraits de comptes enregistrés au-delà des tranches basses.
  4. Utilisez les comptes libres d’impôt (CELI/Roth) en dernier — ou de façon stratégique durant les années où tout revenu supplémentaire ferait franchir un seuil (récupération de la SV, IRMAA, SRG).

Erreurs courantes

Retirer également de tous les comptes chaque année. Cela donne une impression d’équilibre, mais gaspille l’espace disponible dans les tranches. Vous devriez être agressif avec les retraits de comptes enregistrés durant les années à faible revenu et prudent durant les années à revenu élevé.

Ignorer le CELI/Roth jusqu’à la fin. Les comptes libres d’impôt s’utilisent au mieux de façon stratégique — et non en les thésaurisant indéfiniment. Si vous avez 85 ans et 400 000 $ dans un CELI auquel vous n’avez jamais touché, vous avez manqué des années où vous auriez pu l’utiliser pour éviter les récupérations et la progression des tranches.

Ne pas ajuster d’année en année. La source de retrait optimale change chaque année selon votre revenu, les rendements des marchés et les seuils de prestations. Une stratégie figée établie à 65 ans donnera de moins bons résultats qu’une stratégie dynamique qui s’adapte chaque année.

Oublier la succession. Le dernier dollar dans un compte enregistré est le plus coûteux — il est imposé à votre taux marginal dans la déclaration finale. Le décaisser plus tôt, même à un rythme modéré, permet souvent d’économiser davantage que de le laisser fructifier.


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Questions fréquemment posées

De quel compte de retraite devrais-je retirer en premier ?

Pour la plupart des retraités, l'approche optimale consiste à remplir d'abord les tranches d'imposition basses avec des retraits de comptes enregistrés (REER/FERR ou Traditional IRA/401(k)), à utiliser ensuite les comptes non enregistrés pour profiter du taux préférentiel sur les gains en capital, et à conserver les comptes libres d'impôt (CELI ou Roth IRA) pour la fin ou pour les années où un revenu supplémentaire ferait franchir un seuil de prestation.

L'ordre de retrait fait-il vraiment une différence ?

Oui — la différence peut atteindre de 50 000 $ à 150 000 $ de revenu après impôt à vie. La bonne séquence remplit délibérément les tranches d'imposition inférieures, préserve les prestations gouvernementales comme la SV et le SRG, et laisse les comptes libres d'impôt fructifier plus longtemps.

Devrais-je un jour retirer de mon CELI ou de mon Roth en premier ?

Oui, dans certaines situations précises. Utilisez les retraits du CELI ou du Roth durant les années où tout revenu imposable supplémentaire déclencherait la récupération de la SV, une réduction du SRG, des surcharges IRMAA, ou vous ferait passer à une tranche d'imposition nettement plus élevée. L'objectif est d'utiliser le revenu libre d'impôt de façon stratégique, et non de le thésauriser.